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Les espèces présentes sur les Marais de l'erdre

Les espèces NATURA 2000 présentes sur le site des marais de l'Erdre

Le site abrite au total 10 espèces d’intérêt communautaire dont une espèce végétale et neuf espèces animales.

Espèces d'intérêt communautaire certifiées

Espèce végétale

Flûteau nageant

(Luronium natans)

Cette plante aquatique inscrite à l’Annexe 2 de la Directive a été certifiée dans les douves des marais de Blanche-Noë. Elle est potentiellement présente sur d’autres marais de l’Erdre en raison de la multitude de mares et de fossés, à eau oligotrophe acide, répartis sur l’ensemble du secteur. Il apparaîtrait cependant que l’eutrophisation récente des eaux, détectable au cœur même des zones réputées les plus pauvres en éléments nutritifs (Logné, Blanche Noë), par un fort développement de lentilles, ai fait régresser cette espèce qui a peut être même disparu d’un certain nombre de stations.

 

Espèces animales

Agrion de mercure

(Coenagrion mercuriale)

La population actuelle et les habitats de cette petite libellule sont désormais bien ciblés sur le site Natura 2000. L’Agrion se trouve, en petites colonies, sur quelques affluents des marais encore aptes à répondre à ses exigences écologiques et biologiques. La population et l’habitat de cette espèce semblent être en assez mauvais état de conservation et ne sont pas à l’abri d’une disparition prochaine sous l’influence conjuguée de la fermeture des cours d’eau par une ripisylve non entretenue, de l’envasement et l’ensablement des affluents du fait de l’érosion en amont et de la pollution des eaux d’origine agricole et domestique. Il apparaît donc urgent d’entreprendre la réhabilitation de ces habitats.

 

Ecaille chinée

(Euplagia quadripunctaria)

Ce papillon très commun dans la région et inféodé aux zones de bocage avoisinant les marais, ne représente pas ici d’enjeux particuliers.

Cet insecte n’a pas fait l’objet de recherche spécifique, néanmoins les simples contacts ont été cartographiés.

 

 

 

Le Lucane Cerf-Volant

(Lucanus cervus)

Ce coléoptère particulièrement fréquent dans la région, semble présenter des populations moyennement développées sur le site. Cette espèce commence à bénéficier de la déprise agricole que ces zones intermédiaires, plus mésophiles, ont connue ces dernières années. Sur un secteur comme Blanche-Noë en particulier, il apparaît évident que le reboisement spontané des anciennes prairies ainsi que le peu d’entretien des parcelles boisées, vont favoriser, à terme, ce coléoptère saproxylophage. En définitive, si la population actuelle n’est pas des plus conséquentes, celle-ci peut vraisemblablement se développer dans les 30/40 ans à venir sans que l’on prenne la peine pour l’instant, de mesures particulières de conservation.

Le Grand Capricorne

(Cerambyx cerdo)

Cet insecte semble rare sur le site. Remarquons toutefois que ses habitats de développement, les peuplements de vieux chênes, ne sont jamais fréquents et étendus dans les zones humides. Il est aujourd’hui difficile de cerner son véritable niveau de population, même dans les sites les plus favorables.
Il se peut qu’à l’instar du Lucane, cette espèce bénéficie localement du boisement des parcelles périphériques mais sans doute de façon aléatoire : le Grand Capricorne est bien moins ubiquiste que le Lucane et cela prendra de toute façon plus de temps.

D’une manière générale, le maintien d’îlots de vieillissement dans les peuplements de Chênes pédonculés et la taille en têtard des haies ou isolée ne peuvent qu’être favorables à ces insectes. Il faut néanmoins être prudent dans les secteurs les plus fréquentés : le creusement de galeries par les larves du Grand Capricorne dans les branches maîtresses d’un chêne qui peuvent apparaître solides à première vue représente un risque pour la sécurité publique.

Le Triton crêté

(Triturus cristatus)

Cet amphibien fréquente habituellement les mares du bocage jouxtant les marais. Cependant, quelques observations ont été faites dans les marais de Mazerolles et de Blanche-Noë. La population de Triton crêté est fortement menacée sur le site, essentiellement en raison du comblement naturel ou volontaire des milieux aquatiques (fossés et mares surtout), nécessaires à sa reproduction.Les étangs et les plans d’eau à vocation récréative et piscicole, qui sont aménagés ici et là dans la vallée, ne correspondent pas ou peu aux exigences du Triton crêté.

Ils ne peuvent donc pas compenser la perte des biotopes de prédilection que sont ici ces fossés et mares, profonds, peu poissonneux et avec végétation dense et ensoleillement satisfaisant, autrefois nombreux et entretenus par les agriculteurs de la vallée pour l’abreuvement du bétail et désormais comblés ou en voie d’atterrissement dans le contexte contemporain des nouveaux usages du sol : agriculture moderne, urbanisation, extension pavillonnaire, …

La Loutre d’Europe

(Lutra lutra)

Ce mammifère connaît actuellement en Loire-Atlantique une période de reconquête, encore timide, de ces bastions originels dont l’Erdre a fait partie et qui est réinvestie par l’espèce seulement depuis quelques années. La loutre réoccupe prioritairement les vastes marais centraux (Mazerolles, …) et la rivière proprement dite, dont les caractéristiques piscicoles lui sont actuellement favorables.

 

 

Les Chauves souris

(Rhinolophus ferrumequinum,Myotis emarginatus,Myotis myotis)

Trois espèces de Chiroptères, pour lesquelles le marais représente une source d’alimentation importante (forte productivité en insectes des marais, pré-marais, boisements et de la rivière) ont été identifiées sur le site Natura 2000. Il s’agit du Grand Murin, du Murin à oreilles échancrées et du Grand Rhinolophe.

Les chauves souris ne sont pas spécifiquement inféodées aux marais mais ceux-ci font partie de la mosaïque d’habitats que ces espèces fréquentent. Leur présence est également liée à la qualité des milieux bocagers environnants où elles vivent et se reproduisent. Les gîtes d’hivernage, de reproduction ou d’estivage (églises et ponts) ne font que jouxter le site excepté celui du pont du Verdier où une colonie de Murins à oreilles échancrées a été localisée en juillet 2000.

 

Espèces d'intérêt communautaire potentiellement présentes

Dix espèces animales seraient potentiellement présentes sur le site.

Des inventaires complémentaires inscrits dans le document d’objectifs devront permettre d‘affiner nos connaissances sur ces espèces.

La moule d’eau douce

(Unio crassus)

La présence de ce mollusque bivalve reste possible dans le bassin de l’Erdre même s’il s’agit d’une espèce très rare, au moins au niveau régional, et plutôt liée aux eaux mésotrophes relativement bien oxygénées (en général, lentes mais non stagnantes), contrairement à la plupart des autres espèces de la famille des unionidés.

A noter que le cycle biologique des bivalves unionidés (Unio sp., Anondonta sp.) est remarquable car intimement lié à celui de la bouvière, cyprinidé d’intérêt communautaire signalé en amont de Nort/Erdre (voir ci-dessous).

Le Damier de la Succise

(Euphydryas aurinia)

Ce papillon fréquente en général les milieux humides où se développe la Succise, plante hôte des larves et des chenilles.
Il semble que l’ancienne station sur laquelle l’espèce avait fait, il y a quelques années, l’objet de deux signalements successifs ait aujourd’hui disparu : prairie naturelle oligotrophe aujourd’hui labourée et convertie en prairie artificielle.

 

Quelques micro-habitats non repérés sont potentiellement susceptibles d’accueillir ce papillon. Quelques parcelles pouvant être considérées comme habitats possibles ont été répertoriées.

On pourra améliorer le potentiel d’accueil de l’espèce si on opère quelques travaux de débroussaillement car l’enfrichement y est déjà souvent assez conséquent.

 

La Cordulie à corps fin

(0xygastra curtisii)

 

Cette libellule n’a pas été constatée sur l’Erdre. L’eutrophisation du milieu doit sans doute être préjudiciable à cette espèce, plus fréquente dans les eaux mésotrophes relativement oxygénées.
 

 

 

 

 

La Rosalie des Alpes

(Rosalia alpina)

Les dernières études n’ont pas permis de repérer la présence de la Rosalie des Alpes (espèce prioritaire au sens de la Directive) sur le site de l’Erdre, bien qu’elle semble y avoir déjà été signalée (Liste Régionale Indicative des Espèces Déterminantes en Pays-de-la-Loire, DIREN 1999).
On remarque que les peuplements de Frênes, au dépend desquels les larves de ce cérambycide se développent, sont peu fréquents, peu étendus et généralement « jeunes » dans le bassin de l’Erdre.

Il s’agit le plus souvent d’individus isolés ou de bouquets de jeunes individus contrairement à ce qu’on peut observer en vallée de la Loire (en amont de Nantes) ou en vallée de la Charente où l’espèce est bien représentée. Cette espèce reste potentiellement présente, même si l’éventuelle population de Rosalie a peu de chance d’être ici très conséquente.

 

La Cistude d’Europe

(Emys orbicularis)

Ce reptile aurait été observé en 1981 le long de l’Erdre, en aval de l’aire d’étude (près du domaine de l’Université de Nantes) ainsi qu’en 1992 dans le port de Nort/Erdre.

Cependant, elle est régulièrement confondue avec la tortue de Floride, espèce allogène, désormais commune en Erdre, vendue dans le commerce et régulièrement relâchée dans le milieu.

Même si la Cistude pourrait facilement trouver dans la vallée de l’Erdre, les caractéristiques de son habitat naturel (marécages envahis de végétation et fond vaseux), il est probable que les conditions thermiques départementales ne puissent satisfaire les exigences de la reproduction de l’espèce.

 

La Bouvière

(Rhodus sericeus ammarus)

Ce petit poisson de la famille des Cyprinidés est signalé par la Fédération Départementale de la Pêche et de la Protection des Milieux Aquatiques sur la rivière Erdre, en Amont de Nort/Erdre, à environ 2 km de la limite nord du site Natura 2000.

Etant donné qu’il s’agit plutôt d’une espèce fréquentant les milieux lentiques (cours inférieur des rivières, étang, canaux des marais, …), il est fort possible que l’espèce soit présente au sein du site Natura 2000.

Il faudra donc poursuivre les efforts de prospection vis-à-vis de cette espèce, d’autant plus que son cycle de reproduction passe par des mollusques bivalves (Unio crassus) dont certains présentent également un intérêt patrimonial.

 

Le Castor d’Europe

(Castor fiber)

En raison de sa progression régionale vers l’ouest, l’arrivée du castor, dans les années ou décennies à venir, est éventuellement envisageable sur l’Erdre.

Le castor est en effet un hôte régulier du Maine-et-Loire où on le retrouve depuis 1981, sur les bords du Louet, du Thouet et de la Loire, de Montsoreau à Chalonnes/Loire. Par ailleurs, la découverte d’un cadavre sur la rocade sud de Nantes, il y a cinq ans, peut laisser penser à une colonisation en cours de la Loire-Atlantique.

 

Chauves souris

(Myotis bechsteini, Barbastella barbastellus, Rhinolophus hipposideros)

Trois espèces de Chiroptères de l’Annexe II sont éventuellement présentes, tout ou une partie de l’année, dans la vallée de l’Erdre :

- le Petit Rhinolophe (Rhinolophus hipposideros)
- la Barbastelle (Barbastella barbastellus)
- le Murin de Bechstein (Myotis bechsteini).

 

Le site abrite  10 espèces d’intérêt communautaire.

Carte des espèces prioritaires