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Agrion de Mercure

Agrion de mercure (Coenagrion mercuriale)

Statut de protection

  • Directive "Habitats" : annexe II
  • Convention de Berne : annexe II
  • Protection au niveau national

 


Description

  • Adulte

    : petite libellule de forme gracile à abdomen fin (Zygoptère), de 19 à 27 mm ; ailes postérieures de 12 à 21 mm.

  • Mâle

    : abdomen bleu ciel à dessins noirs caractéristiques.

  • Femmelle

    : l'abdomen est dorsalement presque entièrement bronzé. Cercoides noirâtres.

  • Larve

    : forme grêle et allongée, trois lamelles caudales.

 

Biologie de l'espèce

Les adultes apparaissent en mai, la période de vol se poursuit jusqu'en août.

La ponte s'effectue dans les plantes aquatiques ou riveraines. Après un développement embryonnaire de quelques semaines, le développement larvaire s'effectue habituellement en une vingtaine de mois (la larve passe 2 hivers en cet état).
   
Après métamorphose, l'adulte passe une dizaine de jours à s'alimenter afin d'assurer sa maturation sexuelle puis investit les zones de reproduction.
   
Les imagos se tiennent généralement près de leur biotope de reproduction, même en période de maturation. Larves et adultes sont des carnassiers.

 

Facteurs écologiques - Habitats

Les larves se développent dans les eaux courantes et bien ensoleillées (zones bocagères, prairies, friches, etc.). Les milieux sont en général de faible importance mais en eau permanente (au moins une lame résiduelle au cœur de l'étiage), bien oxygénée. La minéralisation de l'eau est variable. Les herbiers aquatiques doivent être bien développés (hélophytes divers, Callitriches, Cresson, ).
   
Cette espèce se développe également dans des milieux moins typiques comme les exutoires des tourbières acides, des ruisselets très ombragés (bois, forêts) et des sections de cours d’eau récemment curées.

 

Facteurs favorables

 

  • Eaux propres, limpides et oxygénées 
  • Ensoleillement des cours d'eau
  • Végétation aquatique bien développées
  • Entretien doux des cours d'eau

Facteurs défavorables

 

  • Pollution des eaux (pesticides et désherbants, charges organiques, eutrophisation, …).
  • Etiage trop sévère accentué par des pompages
  •  Atterrissement des cours d'eau par dépôts d'alluvions, phénomène parfois d'origine anthropique (notamment en aval des exploitations maraîchères)
  • Enfrichement des berges
  • Entretien trop sévère, recalibrages des cours d'eau

 

Etat de conservation des populations et des habitats sur le site

 

L'Agrion de Mercure n'est pas une espèce rarissime au niveau national ou régional, elle est parfois même localement abondante. Pourtant, les populations sont ici faibles et dispersées en petites colonies au niveau des quelques affluents du marais où la qualité de l'eau est encore acceptable et l'ouverture du milieu suffisante.
   
Globalement, la plupart des habitats qui existaient sans doute autrefois sont désormais en très mauvais état de conservation (pollution, atterrissement et/ou manque d'entretien de la ripisylve).
   
Au sein du périmètre sensu stricto, l'espèce est quasiment absente car les milieux lotiques sont rares : il semble que dans le contexte local, les habitats soient inexistant en dessous de 4m80 NGF.

Enjeux

L'Agrion de Mercure figure à l'annexe II de la Directive Habitats – Faune – Flore, à l’annexe II de la Convention de Berne et il est protégé en France. En Europe, on constate une régression ou la disparition de l’espèce dans de nombreux pays, alors qu'en en France, paradoxalement, c’est l’Odonate le plus répandu sur le plan de la répartition et dont les effectifs restent assez importants selon les secteurs. Sur le plan régional, les situations sont plus hétérogènes et doivent être considérées cas par cas. Mais d’une manière générale, il existe de nombreuses populations dans le sud, le centre et l’ouest du pays. Par contre, au nord de la Loire, C. mercuriale paraît nettement moins fréquent bien qu’il existe localement des effectifs importants.
   
Si les facteurs défavorables sont clairement identifiés (pollution de l’eau, assainissement par drainage, fermeture du milieu, fréquentation excessive (piétinement humain ou animal), etc.), il conviendra de prendre les mesures conservatoires adaptées. Les modes de gestion et de restauration préconisés pour les milieux lotiques paraissent, d’une manière générale, favorables à C. mercuriale.
 

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En téléchargent le document d'objectif,  vous aurez la liste des espèces présents sur les marais de l'Erdre.